Contraint de se déplacer en fauteuil roulant à cause de sa sclérose en plaques, Dominique Farrugia pousse un coup de gueule contre le manque d’accessibilité à Paris.

Se déplacer en fauteuil roulant peut vite s’apparenter à un parcours du combattant dans certaines villes ; c’est notamment le cas à Paris. Atteint de sclérose en plaques depuis presque trente ans, Dominique Farrugia en a fait les frais. L’ex-membre du groupe d’humoriste Les Nuls a dénoncé ce problème dans une tribune publiée ce dimanche dans Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Dominique Farrugia a été diagnostiqué de la sclérose en plaques à 29 ans… Il en a aujourd’hui 56. Un combat qu’il a déjà évoqué à plusieurs reprises dans la presse. Depuis quelques temps, l’acteur et producteur est contraint de se déplacer en fauteuil roulant. Mais à Paris, de nombreux lieux restent inaccessibles aux personnes handicapées.

Dans une tribune co-signée avec Benjamin Griveaux, député LREM, il invite la mairie de Paris à plus de “volontarisme” et de “pragmatisme”, à l’approche des Jeux Olympiques 2024. “Quand les meilleurs athlètes paralympiques seront à Paris pour tenter de remporter la plus belle des compétitions, nous les verrons repousser toutes les limites, surmonter tous les obstacles. Une barrière cependant restera infranchissable pour beaucoup : celle qui séparera le Village olympique, accessible aux personnes en situation de handicap, du reste de Paris », peut-on lire dans les colonnes du Parisien.

Les deux hommes rappellent que “d’autres villes ont prouvé que le changement était possible” et incite la capitale à prendre exemples sur ces dernières. “C’est une question de volonté. Comme elles, soyons ambitieux. Comme elles, agissons. Et faisons, enfin, le Pari(s) de l’accessibilité”.

En juillet 2017, il avait déjà interpellé la maire de Paris dans un tweet, après que cette dernière ait dévoilé les chantiers prévus pour l’été dans la capitale. La création de 200 km de piste cyclable était notamment au programme. Dominique Farrugia avait rapidement réagit : “chère madame, pensez aussi à refaire les trottoirs et les passages piétons, afin que l’on puisse vivre à Paris en chaise roulante”. Un message retweeté plus de 4000 fois.

L’humoriste a également à cœur de mieux faire connaître la maladie dont il souffre, c’est pourquoi il est devenu secrétaire général de l’UNISEP (Union pour la lutte contre la sclérose en plaques) en 2007. Pourtant, il l’a gardée secrète pendant longtemps. “Je l’ai cachée pendant dix ans de ma vie pour continuer à travailler, à faire des sketchs, à réaliser mon premier film, pour ne pas que ça entrave mon activité professionnelle”, confiait-il en 2016 sur le plateau de l’émission Le Divan. “Je n’ai jamais non plus dit à mes parents que j’étais malade”, ajoutait-il.

Et même plus tard, l’acteur s’efforce de ne jamais se plaindre de la maladie. “J’essaie de ne pas embêter mon entourage avec, il y a des choses qu’il faut garder pour soi”, expliquait-il dans les colonnes de Paris Match en 2018. Il précisait alors qu’il était “beaucoup en fauteuil roulant” à cause d’une chute, un an auparavant, qui l’avait blessé au genou. Son objectif à l’époque ? “Essayer d’être un petit peu debout, et puis marcher”.

Sclérose en plaques : quels sont les symptômes ?
La sclérose en plaques est une maladie chronique, qui touche le système nerveux central. Elle débute fréquemment par des troubles de la vision, tels qu’un voile gris devant les yeux. Suivent souvent des troubles sensitifs : fourmillements, engourdissements, baisse de la sensibilité au chaud ou au froid… Cette pathologie peut aussi entraîner une faiblesse musculaire, des crampes et des tremblements, ou encore des troubles urinaires ou de la mémoire.

La particularité de ces signes cliniques est leur durée : ils sont éprouvés par le patient durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Un diagnostic précoce permet de ralentir le développement de la maladie grâce à une prise en charge médicamenteuse.